Transport Commissioner Jacques Barrot: GALILEO - L’Europe montre la voie Conférence internationale sur la coopération dans l’espace

February 18, 2005

Bruxelles, le 17 février 2005

Introduction

Laissez-moi tout d’abord vous dire combien je me félicite de cette semaine sur « La Terre et l’Espace » organisée à Bruxelles, qui traduit bien une réalité nouvelle : l’Union européenne est un acteur actif dans le domaine spatial. Ainsi, le principe d’une politique spatiale de l’Union européenne est maintenant inscrit dans la Constitution.

Je suis donc particulièrement heureux de vous présenter le premier grand projet spatial de l’Union européenne : le programme GALILEO. Les décisions prises par le Conseil en décembre 2004, sur proposition de la Commission, marquent un point de non retour. GALILEO est aujourd’hui une réalité. Commandés à l’été 2003, les deux premiers satellites sont déjà construits. Le premier sera lancé à la fin de cette année et émettra depuis l’espace avant l’été 2006.

Par bien des aspects, GALILEO est un projet particulièrement innovant.

1. C’est le premier grand projet industriel mené par l’Union européenne. Jusqu’à présent, l’Union poursuivait certes une active politique de la Recherche grâce aux différents programmes cadre, accompagnait les Etats membres dans leur efforts de modernisation, favorisait l’émergence d’une Europe productive et compétitive ; mais elle ne menait à bien elle-même aucun grand projet industriel avec Galileo. Pour la première fois, sous l’impulsion de la Commission, l’Union s’implique dans la réalisation d’un tel projet, dont elle a défini les contours et dont elle assure elle-même le développement et la gestion ; qui plus est, dans un secteur de pointe tout particulièrement porteur.

Le marché mondial des produits et services liés à la radionavigation par satellite a, en effet, doublé entre 2002 et 2003, passant de 10 milliards à 20 milliards d’euros. Il avoisinera les 300 milliards d’euros à l’horizon 2020, avec quelque 3 milliards de récepteurs en fonction. GALILEO devrait créer près de 150 000 emplois et le marché de services et d’équipement qui en découlera est estimé à environ 9 milliards d’euros par an. GALILEO s’inscrit pleinement dans la stratégie de croissance de l’Union européenne définie par le Conseil de Lisbonne en 2000.

2. GALILEO est aussi le premier système civil de radionavigation par satellite. Les deux systèmes existant aujourd’hui dans le monde, l’américain GPS et le russe GLONASS, furent conçus dans une optique militaire et restent avant tout des infrastructures militaires. Grâce à GALILEO, la radionavigation par satellite change de dimension. La vocation civile du système en fait un remarquable outil à l’usage des utilisateurs et consommateurs du monde entier. En effet, contrairement à ses deux prédécesseurs, GALILEO offrira une véritable continuité de services et les garanties juridiques de fonctionnement exigées par les sociétés modernes. Cela permettra un développement sans précédent de la radionavigation par satellite dans des secteurs qui, comme l’aviation civile ou la navigation maritime, hésitent encore à recourir officiellement à cette technologie.

3. GALILEO est également le premier projet de l’Union européenne faisant l’objet d’un Partenariat Public-Privé. Compte tenu à la fois des restrictions budgétaires auxquelles font face la plupart des Etats membres et de l’importance des efforts d’équipement à consentir au cours des prochaines années, la Commission encourage les financements croisés entre partenaires publics et privés. Avec GALILEO, les institutions européennes se sont pour la première fois appliqué cette politique à elles-mêmes, puisque le secteur privé est appelé à financer en grande partie, et à gérer dans le cadre d’une concession, les phases de construction et d’exploitation de l’infrastructure.

4. Enfin, GALILEO est la première infrastructure stratégique appartenant à l’Union européenne et placée sous son contrôle. Peu d’observateurs l’ont remarqué, mais c’est là un aspect essentiel sur lequel je me dois d’insister. Avec GALILEO, l’Union va pour la première fois détenir une grande infrastructure publique. Et encore s’agit-il d’une infrastructure particulièrement sensible en terme de sécurité et de sûreté, dont la dimension stratégique n’échappe par ailleurs à personne. Cette dimension confère à l’Union européenne une place nouvelle sur la scène internationale.

GALILEO est, du reste, un puissant vecteur de coopération internationale. « Un système mondial, et une coopération internationale », pourrait être le leitmotiv qui a guidé l’action de la Commission au cours des dernières années. L’accord signé avec les Etats-Unis le 26 juin 2004 en est une preuve forte. Cet accord assure une compatibilité et interopérabilité complètes entre le système européen et le système américain, et qui promeut GALILEO comme la norme mondiale des systèmes civils de radionavigation par satellite.

Avec les Etats tiers autres que les Etats-Unis, l’attrait du programme n’est plus à démontrer. Plusieurs pays y participent déjà ou souhaitent y participer, y compris sur le plan financier. Des accords de coopération ont été signés avec la Chine le 30 octobre 2003 et avec Israël le 13 juillet 2004. Un accord avec l’Inde est sur le point d’être paraphé. Les discussions sont en cours avec la Fédération de Russie, l’Ukraine et le Maroc. Des contacts prometteurs ont été pris avec la Corée du Sud, l’Australie, le Brésil, le Chili, l’Arabie Saoudite. Des négociations vont s’ouvrir avec l’Argentine qui nous a fait récemment parvenir une demande officielle en ce sens.

L’approche suivie en matière de coopération internationale ne vise pas seulement à associer les Etats tiers au développement technologique du système. Elle a aussi pour but d’encourager nos différents partenaires dans le Monde à faire preuve d’innovation et à développer des applications nouvelles et spécifiques ; par exemple, en matière de gestion des ressources ou de prévention des catastrophes naturelles. Elle tend également à constituer une « famille » de pays tiers associés à la gestion de l’infrastructure.

Conclusion

GALILEO est, je dirai par excellence, l’exemple même de ce qu’une utilisation intelligente de l’Espace peut apporter à notre société. Il existe sans doute d’autres exemples d’une telle utilisation, comme le programme européen GMES, les satellites de télécommunication ou de météorologie ; mais GALILEO, par les possibilités nouvelles qu’il donne à la radionavigation par satellite, possède une dimension que l’on peut qualifier de « citoyenne » et qui concerne l’ensemble de la société. Les applications de cette technologie sont présentes dans chaque aspect de la vie quotidienne : la sécurité routière, les randonnées en montagne, l’approvisionnement en énergie, la traçabilité des aliments.... Je ne multiplierai pas davantage les exemples.

Vous l’avez compris, avec GALILEO, que j’ose qualifier de « premier véritable service public mondial », l’Europe n’hésite pas à montrer la voie.

Item source: SPEECH/05/101 Date: 17/02/2005

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