Phillipe Busquin: "Pour une biotechnologie au service du citoyen et de la compétitivité de l'Europe: la réseau européen des laboratoires OGM", Lancement du réseau européen des laboratoires d'OGM Bruxe

December 5, 2002

Bruxelles, le 4 d écembre 2002

Mesdames et messieurs,

Je suis heureux d'être parmi vous aujourd'hui pour inaugurer le lancement du réseau européen des laboratoires d'OGM.

Dans un domaine de nouvelle technologie comme dans d'autres, la bonne gouvernance ne s'arrête pas à l'adoption du meilleur cadre réglementaire possible.

Elle comprend aussi à part entière la mise au point des procédures et des outils pour permettre sa mise en œuvre dans les meilleures conditions.

Ce principe s'applique entièrement au sujet de votre réunion d'aujourd'hui.

Je me félicite de ce que le Conseil Agriculture de la semaine passée a trouvé un accord politique sur la proposition de la Commission pour la réglementation de la mise sur le marché et l'étiquetage d'aliments génétiquement modifiés.

L'accord ouvre la voie à l'adoption de la proposition relative à la traçabilité et à l'étiquetage, lors du Conseil de l'Environnement de la semaine prochaine.

L'accord obtenu par les ministres de l'Agriculture entend assurer la liberté de choix du consommateur en prévoyant un étiquetage général au-delà de seuils de tolérance pour la présence accidentelle de traces minimes d'OGM.

Les seuils convenus par le Conseil sont de 0,9% pour les OGM autorisés dans l'Union et de 0,5% pour les OGM non encore autorisés mais qui ont déjà subi une analyse de risque favorable dans l'Union européenne.

Assurer le respect de ces normes requiert non seulement la mise au point de tests et de méthodes de détection les plus avancés, mais aussi leur validation au niveau européen de façon à ce que les résultats soient solides et comparables à travers l'Union.

Je suis donc très heureux de constater que pour accomplir cette mission les laboratoires compétents et désignés par les Etats Membres se sont réunis dans un réseau, animé par le Centre Commun de Recherche de la Commission.

Mesdames et Messieurs,

La recherche apporte des éléments de réponse à des questions. En même temps, elle soulève toujours de nouvelles questions.

La recherche est donc indispensable et jamais terminée. Il en faut toujours plus et mieux.

En tant que Commissaire à la Recherche, mes principales priorités dans le domaine des OGM, et de la biotechnologie en général, sont:

D'augmenter les capacités de recherche des universités et de l'industrie dans le domaine de la biotechnologie;

De promouvoir le dialogue entre la science et la société;

De fournir une base scientifique à la préparation et à la mise en œuvre des réglementations européennes.

Je m'étendrai brièvement sur chacune de ses priorités.

1. Augmenter la capacité de recherche et de développement

Les sciences de la vie et la biotechnologie sont la nouvelle frontière dans la société de la connaissance du 21ième siècle.

L'Europe ne peut pas se permettre de rater le train des biotechnologies, y compris dans le domaine des OGM. La recherche sur les OGM doit toujours continuer mais il est évident que leur utilisation doit se faire de façon responsable.

C'est le sens même du plan d'action pour les biotechnologies que la Commission met en œuvre avec les Etats Membres.

Le 6ème Programme Cadre, qui débutera à la fin de cette année, devrait donner des incitants à la communauté scientifique et industrielle pour développer les recherches de pointe dans une cohérence européenne.

2. Réconcilier science et société

Il est bien établi que le public en Europe éprouve une réticence vis-à-vis des OGM.

D'après le sondage EUROBAROMETRE de l'année passée, conduit par mes services, le citoyen européen est devenu plus sceptique quant aux bénéfices éventuels de la biotechnologie alimentaire.

Le questionnement du progrès scientifique est sain et nécessaire dans toute démocratie.

Mais ce questionnement devrait se faire sur la base d'une compréhension minimale de la science.

Le même sondage a montré que la connaissance de la génétique reste mauvaise et ne s'est que légèrement améliorée depuis 1993.

Il s'agit là d'un problème général de notre société européenne qui éprouve une frilosité par rapport au progrès scientifique et qui croit trop souvent à l'existence d'un risque zéro.

J'attache donc beaucoup d'importance à ce que la science soit de nouveau mise au cœur de la cité et que les scientifiques sortent de leurs laboratoires pour dialoguer avec le public, qui a la soif d'apprendre.

En tant que Commissaire à la Recherche, j'entends y contribuer.

Pour la première fois, le Programme Cadre contient un programme sur Science et Société.

Dans le domaine des sciences de la vie, j'ai créé en avril 2000 un groupe de scientifiques européens éminents qui m'informent sur les développements émergents dans leur domaine et qui, surtout, me conseillent sur la meilleure façon d'encourager le dialogue public sur ces sujets.

Ainsi, le 30 et 31 janvier prochain, nous organiserons une grande plate-forme de discussion sur la contribution possible de la biotechnologie à l'agriculture dans les pays en voie de développement.

Plus particulièrement dans le domaine des OGM, j'ai lancé en avril 2001 une table ronde sur la recherche relative à la sécurité des OGM. La table ronde rassemble des chercheurs des secteurs public et privé, des représentants des administrations nationales ainsi que de la société civile pour discuter du passé, du présent et du futur de cette recherche. Quelles sont les questions? Quelles sont les éléments de réponse disponibles? Comment travailler ensemble pour répondre aux questions encore ouvertes?

Depuis 1990, la Commission a financé plus de 80 projets de recherche sur la sécurité des OGM pour un budget de €70 millions. Cette recherche n'a pas pu, jusqu'ici, mettre en évidence un danger particulier pour la santé humaine ou l'environnement.

3. Soutien scientifique aux politiques communautaires

Ma troisième priorité est de mettre une science responsable au cœur et au service des politiques.

Mesdames et Messieurs,

C'est vous qui êtes responsables de l'inspection et du contrôle des semences, du grain, des ingrédients alimentaires et des plantes cultivées dans notre environnement.

C'est pour cela que vous portez une grande attention aux meilleures pratiques lorsque vous prélevez des échantillons de grains dans des navires ou autres moyens de transport en vrac. Il en est de même lorsque vous prélevez d'autres échantillons d'alimentation humaine ou animale.

On m'a expliqué les techniques sophistiquées que vous utilisez pour l'analyse de l'ADN ou de la teneur en protéines et je sais que vous parvenez à améliorer en permanence les méthodes que vous utilisez, en particulier la PCR.

L'inspection et le contrôle sont liés au cadre politique, à la recherche, aux activités industrielles et, bien sûr, à la protection du consommateur.

Le consommateur doit être assuré que tous les acteurs dans la chaîne respectent les lois et que même la tricherie la plus anodine soit détectée efficacement.

Cette assurance est essentielle pour inspirer confiance au public en matière d'OGM.

Avec mon collègue le Commissaire Byrne, je me réjouis de voir que vous avez commencé, il y a deux ans, en collaboration avec le Centre Commun de Recherche, d'analyser votre mission, vos capacités et vos limites.

En tant que Commissaire responsable du CCR, je tiens à vous exprimer mon enthousiasme et mon soutien au travail spontané et collectif entre vos laboratoires et au rôle catalytique du CCR dans cette entreprise.

J'ai également clairement perçu que vous avez, dès le début, associé à vos efforts les Pays Candidats, l'industrie et bien d'autres, y compris des collègues américains.

Votre travail doit être effectué à la pointe de la technologie. Vous êtes les leaders mondiaux dans les méthodes d'échantillonnage, dans le développement de méthode et leur validation, ainsi qu'en matière de production d'échantillons de référence.

Il est de votre devoir de montrer au public que vos méthodes sont robustes et précises, et que vous élargissez en permanence la gamme de vos applications.

Pour cette raison, je vois bien que votre travail dépasse le cadre des exercices classiques d'inspection et de contrôle et que cela fait largement appel à la recherche exploratoire et appliquée.

Lors de l'accord obtenu en Conseil des ministres de l'Agriculture la semaine passée, la Commission a attiré l'attention des Etats Membres à la nécessite d'allouer les ressources requises pour l'accomplissement de votre travail.

Ce n'est que par le travail en réseau et en impliquant la communauté scientifique que vous pourrez maintenir la haute qualité de votre travail.

L'inspection et le contrôle font également appel à l'industrie.

J'entends bien que cette relation avec l'industrie de la biotechnologie n'a pas toujours été facile, allant parfois jusqu'à l'hostilité.

Mais aujourd'hui les partenaires industriels comprennent que la confiance se construit avec un contrôle transparent et efficace effectué par du personnel professionnel et impartial.

Il y a deux semaines à peine, à l'occasion du lancement du 6ième Programme Cadre, je me suis réjoui d'entendre un représentant de la bio-industrie européenne louer votre travail et la manière dont vous avez toujours collaboré avec eux.

Il a plaidé pour un renforcement de cette collaboration avec vous et avec le CCR, en particulier pour travailler sur le suivi de la culture des OGM en Europe.

En regardant l'avenir, je me réjouis que le Conseil et le Parlement aient reconnu votre travail en nommant le CCR, en association avec le consortium des laboratoires sur les OGM, comme Laboratoire Communautaire de Référence dans le cadre de la législation sur les OGM dans l'alimentation humaine et animale.

Cela nous donne une bonne base pour transformer cette initiative en instrument scientifique et technique essentiel au développement de la biotechnologie en Europe.

Je vous souhaite tout le succès dans la poursuite de la construction de votre réseau au service de la Politique européenne.

Je vous remercie de votre attention.

DN: SPEECH/02/605 Date: 04/12/2002

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